29 juillet, 2013

Qu'est ce qui distingue le véritable entrepreneur des autres?



Plus de 130 pays ont célébré la Global Entrepreneurship Week, et les cours proposés par les écoles de management sont de plus en plus populaires. Mais en quoi consiste exactement l’entreprenariat, se demande The Economist. Et comment les gouvernements peuvent-ils l’encourager ?
Souvent, les gouvernements confondent l'esprit d'entreprise avec le progrès technologique et les start-ups. Mais ces confusions les mènent à se tromper de politique :
✔ Ils cherchent à créer de nouvelles Silicon Valleys. Mais il n’y a pas que dans le secteur des high-techs qu’il est possible d’innover, comme l’a démontré George Mitchell, le Texan qui s’est lancé dans l’extraction du gaz de schiste, par exemple. Ainsi, le monde est encombré d’enclaves technologiques qui échouent à devenir prospères. En Malaisie, la vallée Biotech a été surnommée « La Vallée des Bio-fantômes ».
✔ Ils confondent le propriétaire d'une petite entreprise, qui rêve d’ouvrir une nouvelle boutique, avec les véritables entrepreneurs, qui rêvent de révolutionner leur secteur. Mais en termes de créations d’emplois, cette distinction est cruciale : beaucoup de petites entreprises ne sont pas créatrices de nouveaux emplois.
Daniel Isenberg, qui a enseigné à la Harvard Business School, et qui est l'auteur de « Worthless, Impossible, and Stupid », propose une nouvelle définition de l’entreprenariat, selon laquelle les chefs d’entreprises sont des «créateurs de valeur à contre-courant », qui voient de la valeur économique là où les autres ne voient rien, et qui voient des opportunités là où les autres ne voient que des impasses.
Ces chefs d’entreprises ont besoin de beaucoup de confiance et de détermination pour défier les préjugés et surmonter les obstacles. Parfois, ils se distinguent même plus par cette capacité à réaliser l’impossible, plutôt qu’à penser hors des sentiers battus.
Isenberg donne également quelques conseils pour les politiciens qui veulent encourager l’esprit d'entreprise:
✔ Plutôt que de concevoir des pépinières en tous genres, ils doivent s’attacher à éliminer les obstacles au démarrage et à la croissance des nouvelles entreprises de tous secteurs.
✔ Ils doivent admettre l'importance de la recherche du profit et cesser de glorifier le concept de l’ «entrepreneuriat social». Le profit est la motivation réelle qui pousse les gens à prendre des risques, à travailler dur, et à parier sur des idées qui semblent folles de prime abord.
Les chefs d’entreprises bâtissent leur fortune sur les inégalités : ainsi, la richesse qu’ils génèrent aux Etats-Unis renforce les inégalités du pays. De plus, ils créent des perturbations, et ces perturbations engendrent des gagnants et des perdants. Mais ces nuisances sont nécessaires à la création d’emplois, conclut le journal. 

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