
L’Iran
préfère tolérer les sanctions économiques qui ruine son économie plutôt
que de conclure un accord pour limiter la portée de son programme
nucléaire, observe The Economist. Le pays a désormais la capacité
d'enrichir plus d’uranium qu’il ne nécessite pour ses installations
énergétiques et la recherche médicale. Son président sortant, Mahmoud
Ahmadinejad, a dit qu’il souhaitait rayer Israël de la carte. Tout ceci
suggère que l'objectif du programme nucléaire iranien est de concevoir
la bombe atomique, juge le journal.
Mais
sous quel délai l’Iran pourra-t-il obtenir la bombe ? Pour devenir une
puissance nucléaire, un pays doit se procurer la matière fissile
nécessaire à la confection d’une bombe, mais aussi se doter de moyens
fiables pour l’acheminer à sa cible, c'est-à-dire pour armer ce
matériau. On pensait que l’Iran avait abandonné ce processus d’armement
en 2004, mais maintenant, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique
n’est plus aussi catégorique. Désormais, l’introduction d’uranium
enrichi et d’un détonateur assez petit dans une tête de missile
balistique parait à la portée technologique du pays.
Mais
il faudrait également que l'Iran possède suffisamment d'uranium
hautement enrichi, près de 20 kg. Pour obtenir une telle quantité, il
lui faudrait se procurer une quantité encore plus grande d’uranium
semi-enrichi, entre 94 et 210 kg, pour l’enrichir davantage. On estime
que l’Iran dispose d’environ 123 kilogrammes d’uranium semi-enrichi,
sachant qu’à partir de 20% le processus d’enrichissement est plus simple
qu’il ne l’est au tout début. Comme l’Iran est parvenu à enrichir de
l’uranium de 2% à 20%, il parviendra théoriquement sans peine à
l’enrichir de 20% à 80, voire 90%.
Les
services de renseignement américains et britanniques pensent que l’Iran
n’a plus qu’une année à attendre pour obtenir tout l’uranium enrichi
dont il aurait besoin pour une bombe, et d’un peu plus de temps
supplémentaire pour concevoir le détonateur approprié. Selon David
Albright, ex-inspecteur de l’armement pour l’ONU, à mi-2014, l’Iran aura
la capacité de produire suffisamment de matière fissile pour une bombe
en 1 ou 2 semaines.
Il est peu
probable que les autres pays parviennent à le convaincre de changer ses
plans. « Ce que l’on peut souhaiter, c’est qu’il décide qu’il ne veut
pas, ou qu’il n’a pas besoin d’une arme nucléaire. L’alternative est
probablement un Moyen-Orient doté de l’arme nucléaire, dans lequel
l’Iran et l’Israël, puis l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’Egypte,
auraient tous des missiles pointés les uns sur les autres », conclut The
Economist.
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