29 juillet, 2013

L'Iran et la bombe nucléaire: quel délai?


L’Iran préfère tolérer les sanctions économiques qui ruine son économie plutôt que de conclure un accord pour limiter la portée de son programme nucléaire, observe The Economist. Le pays a désormais la capacité d'enrichir plus d’uranium qu’il ne nécessite pour ses installations énergétiques et la recherche médicale. Son président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, a dit qu’il souhaitait rayer Israël de la carte. Tout ceci suggère que l'objectif du programme nucléaire iranien est de concevoir la bombe atomique, juge le journal.
Mais sous quel délai l’Iran pourra-t-il obtenir la bombe ? Pour devenir une puissance nucléaire, un pays doit se procurer la matière fissile nécessaire à la confection d’une bombe, mais aussi se doter de moyens fiables pour l’acheminer à sa cible, c'est-à-dire pour armer ce matériau. On pensait que l’Iran avait abandonné ce processus d’armement en 2004, mais maintenant, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique n’est plus aussi catégorique. Désormais, l’introduction d’uranium enrichi et d’un détonateur assez petit dans une tête de missile balistique parait à la portée technologique du pays.
Mais il faudrait également que l'Iran possède suffisamment d'uranium hautement enrichi, près de 20 kg. Pour obtenir une telle quantité, il lui faudrait se procurer une quantité encore plus grande d’uranium semi-enrichi, entre 94 et 210 kg, pour l’enrichir davantage. On estime que l’Iran dispose d’environ 123 kilogrammes d’uranium semi-enrichi, sachant qu’à partir de 20% le processus d’enrichissement est plus simple qu’il ne l’est au tout début. Comme l’Iran est parvenu à enrichir de l’uranium de 2% à 20%, il parviendra théoriquement sans peine à l’enrichir de 20% à 80, voire 90%.
Les services de renseignement américains et britanniques pensent que l’Iran n’a plus qu’une année à attendre pour obtenir tout l’uranium enrichi dont il aurait besoin pour une bombe, et d’un peu plus de temps supplémentaire pour concevoir le détonateur approprié. Selon David Albright, ex-inspecteur de l’armement pour l’ONU, à mi-2014, l’Iran aura la capacité de produire suffisamment de matière fissile pour une bombe en 1 ou 2 semaines.
Il est peu probable que les autres pays parviennent à le convaincre de changer ses plans. « Ce que l’on peut souhaiter, c’est qu’il décide qu’il ne veut pas, ou qu’il n’a pas besoin d’une arme nucléaire. L’alternative est probablement un Moyen-Orient doté de l’arme nucléaire, dans lequel l’Iran et l’Israël, puis l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’Egypte, auraient tous des missiles pointés les uns sur les autres », conclut The Economist.

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