25 mai, 2015

Burkina Faso: la dépouille de Thomas Sankara va être exhumée mardi

Ouagadougou - L'exhumation du corps de l'ex-président burkinabè Thomas Sankara, assassiné en 1987 lors d'un coup d'État, aura lieu mardi dans un cimetière de Ouagadougou où les tombes de deux de ses compagnons ont déjà été ouvertes ce lundi, a affirmé l'avocat de sa famille à l'AFP.

La tombe de Thomas Sankara sera ouverte mardi matin, a déclaré Me Benwendé Stanislas Sankara, l'avocat de la famille.

L'opération d'exhumation des corps de Sankara et de ses douze compagnons assassinés avec lui a commencé lundi, dans le cadre d'une instruction ouverte fin mars.

Thomas Sankara avait été enterré à la sauvette le soir du 15 octobre 1987, après son assassinat lors du coup d'État qui porta Blaise Compaoré au pouvoir.

Il aurait été inhumé au cimetière de Dagnoën (quartier est de Ouagadougou), mais sa famille et ses nombreux partisans doutent que son corps s'y trouve réellement.

Ils ont trouvé des restes de survêtement dans la première tombe. Dans la deuxième tombe, ils ont trouvé deux dents, une partie de la mâchoire et d'autres restes de survêtement, ont indiqué à l'AFP des proches de victimes.

Ce n'est pas facile pour certaines familles, c'est une ambiance de mort... C'est comme si on était à la morgue, a raconté Me Sankara.

C'est dur pour nous, je suis dedans (dans le cimetière) avec ma petite soeur. Quand papa est mort, elle avait 6 mois, a confirmé la fille de Der Somda, un compagnon de Sankara assassiné en même temps que lui.

Au passage du corbillard transportant les caisses contenant ces restes, et escorté par la gendarmerie, la foule amassée aux abords du cimetière a entonné l'hymne national.

Le matin, la gendarmerie avait bloqué l'accès du cimetière à des dizaines de curieux qui scandaient : On veut la vérité ou La patrie ou la mort, nous vaincrons.

Selon des proches des victimes, des jeunes gens munis de pioches et pelles ont ouvert deux tombes dans le cimetière.

Ca risque de prendre beaucoup de temps, a dit à l'AFP Mariam Gouem, fille d'un des gardes de corps de Sankara également tué le 15 octobre 1987.

L'opération est conduite par trois médecins, un Français et deux Burkinabè, en présence du commissaire du gouvernement et d'un juge d'instruction.
La famille de Thomas Sankara, représentée par son avocat, n'assiste pas à l'exhumation.

Le régime de M. Compaoré avait toujours refusé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de l'assassinat de Sankara. Début mars, le gouvernement de transition mis en place après la chute en octobre du président Compaoré a finalement autorisé l'exhumation du corps de Sankara dans le but de l'identifier formellement.

Les tombes ont été mises sous scellés début avril par la justice militaire du Burkina qui enquête depuis mars sur les circonstances de la disparition du père de la révolution burkinabè.

Plusieurs auditions ont déjà eu lieu et notamment le 14 mai celle de Mariam Sankara, veuve du défunt président.

La figure de Thomas Sankara, révolutionnaire loué pour son intégrité et icône du panafricanisme, a été abondamment évoquée durant le soulèvement populaire qui a conduit à la chute de Compaoré le 31 octobre dernier.


(©AFP /

25 mars, 2015

QUÉBEC : ELLE TOMBÉE ENCEINTE DE SON COMPTEUR INTELLIGENT


Elle poursuit Hydro-Québec après être tombée enceinte de son compteur intelligent

Baie-Comeau | Une jeune femme de la région de la Côte-Nord poursuivrait Hydro-Québec alors qu’elle prétend être tombée enceinte suite à l’installation de son compteur intelligent.
Julie Latraverse, 36 ans, se dit victime d’un défaut de fabrication du modèle de son compteur intelligent qui l’aurait mise enceinte seulement quelques jours après son installation, une situation des plus étrange alors que la jeune femme prétend être célibataire depuis plus de 6 ans et ne pas se rappeler avoir eu une relation sexuelle durant toute cette période.
Si la femme monoparentale a décidé de mener sa grossesse à terme, elle s’apprête toutefois à poursuivre Hydro-Québec qui a produit le modèle « défectueux », selon l’avocat de Mme Latraverse.
compteur
Le compteur intelligent « défectueux » de Mme Latraverse aurait mis enceinte la jeune femme monoparentale
Par son témoignage public, Mme Latraverse espère éviter que d’autres femmes deviennent des victimes de ces défauts de fabrication.
« Je voudrais dire aux autres femmes à qui il est arrivé la même chose de ne pas se sentir coupable, de ne pas avoir honte » a-t-elle expliqué sur les ondes de NRJ ce matin. « Il n’y a rien de honteux à tomber enceinte de son compteur intelligent, ça peut arriver à tout le monde » a-t-elle admis en entrevue. « Tout ce que je demande à Hydro-Québec, c’est de prendre ses responsabilités et de me payer une pension alimentaire pour subvenir aux besoins de notre enfant » s’est-elle exprimée, visiblement émue.
Hydro-Québec aurait reçu plus de 1151 plaintes similaires en 2014 à la suite de l’installation de compteurs intelligents.

journaldemourreal.com

03 mars, 2015

ESCROQUERIE EN BANDE ORGANISÉE : CE N'EST PAS BLAISE SEUL QUI A FUI AVEC NOTRE ARGENT APRÈS L'INSURRECTION POPULAIRE

Escroquerie en bande organisée : Nabonswendé n’a pas peur de Dieu
Depuis fin octobre, les clients de la Caisse d’épargne et de crédit Nabonswendé (1) ont le sommeil plus qu’agité. Ils ont, en effet, perdu toute trace de leurs épargnes depuis cette période. Ils sont plus de 26 000 adhérents dont les économies se sont volatilisées avec les responsables de la « caisse d’épargne ». Pire, le siège social de la structure et ses cinq agences de Ouagadougou et de Dédougou sont hermétiquement closes. Ces clients « floués » demandent à cor et à cri l’intervention du Premier ministre pour rentrer dans leurs droits.

Ce sont une quarantaine de clients de la Caisse d’épargne et de crédit Nabonswendé qui ont débarqué dans les locaux de L’Observateur Paalga la semaine dernière pour faire entendre leur cri de détresse et interpeller spécialement le Premier ministre, Isaac Zida, sur la situation qu’ils vivent.
Cette «institution financière» a ouvert ses portes au début des années 2000. Réputée pour son professionnalisme et son sérieux, le nombre de ses adhérents, essentiellement constitués d’agriculteurs, d’éleveurs et d’acteurs du secteur informel, ne cessera de grossir au fil des années si bien que Nabonswendé, comme les clients l’appellent, ouvrira cinq agences à Ouagadougou et une autre à Dédougou en 2011.
Selon leur porte-parole, Tiraogo Ouédraogo, ils seraient plus de 26 000 adhérents de la Caisse d’épargne et de crédit Nabonswendé régulièrement constituée (agrément N° 130-102-64 MEF/SG/DGTP/DAMOF) et dont le siège social est situé à la Patte d’oie, 01BP4503 Ouagadougou.
L’enfumage

Des explications de Tiraogo Ouédraogo, il ressort que c’est à partir de fin octobre 2014 que la caisse a commencé l’enfumage de ses clients. «A partir de ce moment, quand nous arrivions au siège ou dans une des agences pour un retrait ; il n’y avait pas de connexion. Par contre, pour les dépôts, il y avait toujours la connexion et le débit était excellent même», dit–il.
Excédés, les déposants qui n’en pouvaient plus ont commencé à grogner. Dès lors, Nabonswendé, qui n’a pourtant manifestement pas peur de Dieu a changé la musique en invoquant désormais une installation problématique de logiciel et insistait par ailleurs pour prendre les carnets des épargnants en leur disant qu’ils pouvaient revenir quelques heures plus tard pour leur retrait.
De la poudre aux yeux, selon Tiraogo Ouédraogo et les autres, puisqu’en mi-janvier, les portes de toutes les agences ainsi que celles du siège sont fermées à double tour et leur tentative d’entrer en contact avec la directrice et les chefs d’agence sont restées vaines. Ils ont tout simplement disparu de la circulation. Volatilisés.
Selon les témoignages, un des leurs, acculé par ses fournisseurs et devant l’impossibilité de rentrer en possession de ses économies, se serait donné la mort. Quant à la veuve Sakinatou Ouédraogo, une autre cliente désemparée, carnet d’épargne en main, elle a placé le capital décès de son époux à Nabonswendé pour gérer le quotidien et payer la scolarité de ses enfants mais hélas, les enfants sont aujourd’hui à la maison parce qu’elle ne peut plus payer le reste de leur scolarité. Le solde de son compte s’élève pourtant, tenez-vous bien, à un peu moins de 10 millions, exactement (9 874 300 FCFA).
Pour ces gens abusés, Dieu seul sait combien ils sont ces veuves, orphelins, commerçants, agriculteurs… à vivre quotidiennement cette situation pendant que les responsables de cette « arnaque en bande organisée » se la coule douce quelque part. C’est pourquoi, ils supplient le Premier ministre, selon leurs termes, « de démontrer aux responsables de Nabonswendé qu’il y a plus fort qu’eux, que dans un pays de droit, on n’abuse pas impunément d’honnêtes citoyens ».

Jean Stéphane Ouédraogo

  • Nabonswendé en mooré signifie littéralement « Je vais demander à Dieu »


Encadré 1

Toutes nos tentatives d’entrer en contact avec la direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique qui est chargée du contrôle des caisses d’épargne et de crédit sont restées vaines. Il en est de même pour la directrice et les différents chefs d’agence de la Caisse Nabonswendé qui ont disparu de la circulation et sont injoignables au téléphone.
Encadré 2

L’escroquerie en bande organisée est un délit pénal qui condamne des individus s’étant réunis dans le but de tromper une personne ou un organisme afin de détourner de l’argent.

lobservateur.bf

20 février, 2015

Les renseignements américains et britanniques ont piraté des millions de cartes SIM en Europe et dans le monde

Les communications des utilisateurs de 450 opérateurs de téléphonie mobile dans le monde auraient pu ainsi être interceptées depuis 2010, selon le site d'enquête journalistique The Interest.
La NSA américaine et son homologue britannique le GCHQ auraient dérobé des millions de clés de cryptage des cartes SIM

La National security agency (NSA) américaine et son homologue britannique le GCHQ (Gouvernement communications headquaters) auraient dérobé des millions de clés de cryptage des cartes SIM pour pouvoir intercepter des communications téléphoniques des utilisateurs le monde entier, rapporte le site d'investigation The Intercept dans un article publié le 19 février. L'article présente un document qui a été fourni par Edward Snowden, selon lequel la NSA et le GCHQ se seraient introduits en 2010 et en 2011 dans les réseaux informatiques des fabricants des cartes SIM pour dérober des quantités importantes de ces clés, afin d'écouter les communications des utilisateurs.
« Pour parvenir à dérober ces clés, les services de renseignement se sont introduits dans la correspondance privée des ingénieurs et autres salariés des fabricants de cartes SIM dans de nombreux pays », écrit le site d'investigation américain.
Les services de renseignement auraient réussi à intercepter les clefs de cryptage de chaque puce, utilisée pour la fabrication des cartes SIM au moment où l'industriel devait envoyer les cartes à l'opérateur de téléphonie mobile. Des millions d'écoutes téléphoniques illicites auraient pu être ainsi effectuées, car détenir les clés d'une carte permet de reconstituer toutes les communications.
La société Gemalto et 450 opérateurs mobiles dans le monde visés
Selon l'article, les services de renseignement se seraient introduits notamment en 2010 dans les systèmes informatiques de la société Gemalto, dont le site de production est basé à Gemenos (département des Bouches-du-Rhône, Sud-Est de la France).
Le fabricant, qui n'aurait appris que récemment cette information, est en train de vérifier actuellement l'ampleur du préjudice, craignant qu'il pourrait y avoir des lourdes conséquences sur sa réputation, Gemalto fabricant également des systèmes de sécurité informatique.
Dans son communiqué la société se dit très préoccupée par les résultats de l'enquête et la prend très au sérieux. « Nous consacrons toutes nos ressources (…) pour comprendre la portée de ces techniques sophistiquées utilisées pour intercepter des données sur les cartes SIM », affirme-t-elle.

17 février, 2015

La prostitution Africaine en Occident :L'histoire des hommes Africains prostitués en Europe

La prostitution africaine en Occident ne touche pas uniquement les femmes. Les hommes sont, eux aussi, touchés par le phénomène.

 

Leur milieu revêt ses propres spécificités, comme le fait que des pères de famille s’adonnent plus ou moins clandestinement à ces activités ou que des hétérosexuels consentent à des pratiques homosexuelles.
Amély-James Koh Bela, auteur du livre La prostitution africaine en Occident, nous plonge au cœur d’un système méconnu, tenu par l’argent, la drogue et les pressions familiales.

Quels types de pratiques retrouve-t-on dans la prostitution masculine africaine en Occident ?

Amély-James Koh Bela : Comme pour les femmes, on retrouve beaucoup la zoophilie (rapports sexuels avec des animaux, ndlr), de même que les fantasmes pédophiles. Plus classiquement, on retrouve tous les types de pratiques homosexuelles, qui sont très développées. Le plus souvent pourtant, ces prostitués sont parfaitement hétérosexuels et même des pères de famille.

On a du mal à concevoir que des hétérosexuels s’adonnent à une prostitution homosexuelle !

Les hétérosexuels qui acceptent des pratiques homosexuelles n’ont qu’une seule et unique motivation : l’argent. Tous sont dans des situations économiques difficiles et la prostitution homosexuelle intervient alors en dernier recours. En effet, le métier de « gigolo » rapporte moins.

Qu’est ce qui différencie un gigolo d’un prostitué ?

Il existe bel et bien une différence : le prostitué peut avoir des rapports homosexuels, zoophiles, hétérosexuels, etc. Le gigolo, lui, ne s’occupe que des femmes.

Quelle est la pratique la plus courante en matière de prostitution masculine africaine en Occident ?

La mode en ce moment, et la pratique la plus répandue, c’est le jeune black que va payer un couple pour faire l’amour à la femme. Le fantasme du « black bien monté » perdure toujours. Il existe même maintenant des codes sur Internet, dans les journaux gratuits, dans les petites annonces où des couples recherchent un ou plusieurs jeunes Africains pour se payer leurs services. Un, deux, trois ou plus s’activent sur la femme pendant que le mari regarde. Dans cette relation se développe un rapport de maître à esclave : le mari dit quoi faire, comment faire, donne des ordres, mais interdit formellement au jeune de se finir dans sa femme ou sur elle. Cela est ressenti comme une humiliation par ces jeunes car l’homme devient une machine.

Qu’en est-il des gigolos, dont on peut également considérer l’activité comme de la prostitution puisque les hommes se font payer pour leurs prestations sexuelles ?

En ce qui concerne les gigolos à proprement parler, ils sont abondants en France où ils évoluent notamment dans les milieux bourgeois, là où les femmes aisées recherchent les « petits blacks ». Au fur et à mesure, des réseaux se forment. D’ailleurs, ce système connaît un tel succès que les salaires sont en augmentation depuis 2 ans. La passe est à 100 euros, mais il faut aussi compter l’entretien comme les voyages, où la femme emmène le jeune avec elle, par exemple. Beaucoup de jeunes Africains ont recours à ce système, car selon eux, ils font une bonne affaire. En effet, ils considèrent comme une aubaine de coucher avec des femmes et d’être payés pour.

Et en ce qui concerne les pratiques zoophiles dans la prostitution masculine africaine ?

C’est un secteur prospère, comme chez les Africaines. Des grilles de tarifs ont même été instaurées. Par exemple, il y a une différence entre les tournages vidéo commerciaux et privés de zoophilie. Les tournages privés (chez des particuliers, ndlr) se déroulent jusqu’à plusieurs fois par semaine et rapportent énormément au prostitué. Les tournages commerciaux, eux, sont ponctuels : une fois par semaine, par mois, ou autre.

Les prostitués qui s’adonnent à ces pratiques sont-ils tous consentants ?

Comment pensez-vous qu’un homme normalement constitué puisse se donner à un chien ? Ces gens se droguent car certaines pratiques sexuelles ne peuvent pas se faire sans, ne serait-ce que pour lutter contre la douleur ou se donner une raison de le faire. Et au fil du temps malheureusement, la dépendance s’installe. Il existe aussi une véritable dépendance financière. Ces hommes deviennent accros à l’argent en dépit de la destruction du corps et de l’esprit. Ils sont déprimés, ont honte mais continuent car l’apport économique est très important. Cela peut aller jusqu’à 5 000 euros par semaine au minimum pour certains. Comparativement au Smic (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance, aux alentours de 1 100 euros par mois, ndlr), il n’y a pas photo.

Le facteur argent est omniprésent dans ce trafic ?

Oui, c’est sur l’argent que tout repose, pour les prostitués comme pour les macs. Mais comme je vous l’ai dit, les raisons de cette prostitution sont avant tout économiques, car les conditions de vie européennes sont difficiles, surtout lorsque l’on n’a pas de papiers, pas de travail, pas de logement. Il faut dire que ces jeunes Africains ont souvent été lâchés à leur arrivée par leurs « frères », ceux-là même qui les avaient ramenés du pays.

Existe-t-il des réseaux de prostitution masculine ?

Bien sûr ! Cette prostitution fonctionne à l’identique de celle des femmes. C’est un cercle vicieux : plus les prostitués agrandissent leurs cercles de clientèle, plus ils ont besoin de « main-d’œuvre ». Pour cela, ils amènent directement des frères d’Afrique, ou c’est leur proxénète, s’ils en ont un, qui s’en occupe. Il fait des faux papiers, fait venir les prostitués par dizaines de tous les pays, briefe sur le travail à venir, forme par des séances vidéos de deux ou trois jours, trouve les clients, et bien entendu, prend sa part sur le salaire. Les violences peuvent être très graves si les jeunes se rebellent ou volent de l’argent. Cela peut même aller jusqu’à l’assassinat.

Y a-t-il un profil type du prostitué africain ?

Les plus jeunes ont entre 16 et 20 ans, et sont vieillis sur les papiers lorsqu’ils n’ont pas l’âge légal en France. Mais il existe tous les âges chez les prostitués. J’ai même vu des papas de 55 ans. Souvent, ils sont pères de familles, mais en général, la famille ne sait pas qu’ils se prostituent. Leur activité est souvent cachée par un « emploi » comme des petits travaux de jardinage, de ménage, de maçonnerie, etc. Ce qui permet de ne pas changer leurs habitudes de vie aux yeux de leur famille. Dans d’autres cas, les femmes assument le travail du mari et sont parfois elles-mêmes issues de ce milieu.
L’ampleur de ce trafic est vraiment très grande et touche toutes les nationalités : Maliens, Camerounais, Ivoiriens, Congolais, Ghanéens, etc. Tous sans exception.

Comment ces hommes en viennent à vous contacter ?

Généralement, j’entre en contact avec eux après une délation. Mais les prostitués viennent aussi nous voir d’eux-mêmes après avoir été informés par des femmes prostituées. En effet, les deux milieux communiquent. Ils entrent parfois en contact avec les Organisations Non Gouvernementales, dont Aides Fédération, pour des problèmes de domiciliation ou de papiers et y découvrent au final un lieu d’écoute, de parole. Pourtant, les prostitués ont beaucoup de difficultés à se confier à moi car je suis une femme. La première réaction est souvent agressive, violente, du genre : « arrêtes de me faire la leçon, tu sais mieux que nous à quel point c’est difficile ». Alors j’essaie de me positionner en tant que mère ou grande sœur et les mots commencent à sortir. Les pleurs aussi. Tous refusent le mot « prostitution ». Pour eux, il s’agit d’un « sacrifice », de « débrouille », mais ils estiment ne pas avoir d’autre choix.

Rencontre-t-on la même détresse chez les prostitués hommes que chez les femmes ?

La détresse physique et psychologique est la même pour tous. Certes les violences au cours de l’acte et les mutilations physiques sont plus marquées chez les femmes, mais il faut reconnaître que la sodomie pour un hétérosexuel est aussi une forme de mutilation. Ajouté à cela les pratiques zoophiles, l’humiliation, la drogue et les conditions de vie terribles dans lesquelles ils vivent, tout cela rend ces gens très vulnérables, profondément atteints dans leur être. Ce sont des personnes en grande demande de soutien.

Pourquoi ne décident-ils tout simplement pas de décrocher et de rentrer au pays ?

Retourner au pays représenterait une grande honte pour la famille là-bas. D’ailleurs, celles-ci font peser une pression immense sur les enfants, dont certains ont des diplômes. Ce sont les aînés et ils ont des responsabilités devant leur famille qui les attend et compte beaucoup (trop) sur eux.
Les familles sont-elles au courant de l’activité de leurs enfants ? Il y a quelque temps, les familles étaient dans le flou, certaines savaient, d’autres pas. Mais aujourd’hui, les familles sont, en majeure partie, au courant de l’activité des enfants. Le problème, c’est qu’elles ne voient que l’argent que cela rapporte les incitent soit directement, soit implicitement à continuer à se prostituer. La famille, à cause de cette complicité active ou passive qu’elle entretient, agit ici comme une sorte de proxénète.