ITAIPAVA (Brésil) (AFP)
| © AFP Des secouristes à Itaipava, près de Petropolis au Brésil, le 17 janvier 2011. |
Le bruit des pales des hélicoptères militaires, chargés de matériel ou de réfugiés, est assourdissant sur la base hâtivement montée à Itaipava, au coeur de la région montagneuse, près de Rio, ravagée par des pluies torrentielles.
L'armée a monté un centre d'opérations dans cette petite ville, voisine de Petropolis et de Teresopolis, deux des cités les plus touchées par les fleuves de boue qui ont tout englouti sur leur passage, il y a six jours.
Dimanche, de nouveaux éboulements de terrain à Itaipava provoqués par une pluie incessante ont fait trois morts.
Lundi, on comptait plus de 640 morts, un bilan encore appelé à s'alourdir à mesure que les hélicoptères atteignaient des zones jusqu'ici inaccessibles.
Une douzaine d'appareils, plus des avions du corps des pompiers, décollaient et atterrissaient sans cesse sur la base.
"Nous disposons de quatre hélicoptères lourds qui peuvent emmener de 20 à 24 personnes et jusqu'à deux tonnes de cargaison", a déclaré le porte-parole de l'armée de l'Air, le lieutenant-colonel Henry Munoz.
| © AFP Une femme militaire porte un bébé secouru, le 17 janvier 2011 dans la base d'Itaipava, au Brésil. |
La première mission de ces militaires est d'effectuer des vols de reconnaissance, repérer les personnes isolées, transporter des aliments et du matériel, et déposer des équipes de la Défense civile et des pompiers dans les zones où seuls les hélicoptères peuvent se rendre.
Un pilote militaire a indiqué à l'AFP qu'il "venait de transporter un groupe de pompiers pour ouvrir des routes dans des zones difficiles d'accès et aider à secourir la population".
Un hélicoptère des pompiers dépose un couple secouru dans une localité isolée par une mer de boue et, un peu plus tard, une femme en pleurs, son bébé dans les bras.
Quelques instants plus tard, c'est au tour d'un hélicoptère de transport de déposer une quinzaine de personnes qui étaient bloquées près d'Itaipava.
"Nous sommes restés isolés dans une zone de végétation, et par chance, ils nous ont sortis grâce à cet hélicoptère", dit Clorival Sebastiao, un agriculteur de 44 ans, qui a perdu une belle-soeur et trois neveux dans la catastrophe.
L'armée a aussi monté un hôpital de campagne, et des dizaines de tentes ont été érigées pour héberger les troupes dans cette région où la plus grande partie des infrastructures a été détruite.
Des militaires venus des Etats voisins de Sao Paulo et du Minas Gerais devaient renforcer les effectifs qui devaient passer de 500 à 700 soldats.
La plupart sont des spécialistes du génie, notamment pour monter des ponts mobiles afin de mettre fin à l'isolement de plusieurs localités. Les routes de la région sont encore coupées par des décombres et des montagnes de boue.
La priorité est de soigner les victimes, selon le colonel Munoz. Une quarantaine de personnes ont déjà été accueillies dans l'hôpital de campagne où jusqu'à 400 personnes par jour peuvent être soignées, selon lui.
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