12 mai, 2013

Syrie: Erdogan, la fin de partie?


IRIB- Les informations ne sont pas réjouissantes! Selon des sources officieuses, à Washington,
Obama compte bien demander à Erdogan, au cours de sa prochaine visite, à la Maison Blanche, de fermer les frontières turques, sur des éléments extrémistes que le "Sultan" se plait d'accueillir, d'entraîner, puis, d'envoyer se battre, en Syrie. Est-ce la fin de partie, pour le PM turc? Les propos, pour le moins, étranges, d'Erdogan, exprimés, vendredi, au cours d'un entretien, à la chaîne NBC, et qui ont suscité la désapprobation même de son propre conseiller le laisse supposer. "Si les Etats Unis décident d'une invasion terrestre de la Syrie, la Turquie sera à leurs côtés!", a dit Erdogan à la journaliste de la chaîne. Dans les heures suivant ces déclarations, son conseiller médiatique a tenté de rectifier le tir, dénonçant une erreur de traduction, sans pour autant convaincre l'opinion, qui voit, à travers le discours d'Erdogan, le signe de détresse d'un homme "désillusionné"!! En effet, Erdogan a toutes les raisons du monde d'être en colère contre Washington. Depuis plus de deux ans, il multiplie les appels en direction de la Maison Blanche, pour que celle-ci fasse une entière confiance aux Salafistes d'Al-Nosra et qu'elle les arme, comme il faut, pour en finir avec "l'assassin Assad". Peine perdue! Obama s'apprêterait même, suivant un accord, survenu, il y a quelques jours, entre Lavrov et Kerry, à exiger d'Erdogan de fermer les frontières turques aux terroristes d'Al-Nosra et d'autres rejetons des Frères musulmans syriens. Tout le monde sait, d'ailleurs, à quel point ce récent accord russo-américain et la décision de la tenue d'une conférence internationale, qui l'a suivie, ont provoqué la colère d'Erdogan et de son ministre des A.E, Davutoglu. Une telle conférence élargie, si elle venait à avoir lieu, consacrerait la défaite totale de la politique syrienne de la Turquie. Ankara s'est embourbé, dans le dossier syrien, et le moindre mouvement censé écarter la perspective d'une chute d'Assad, est une cinglante déculottée. Depuis août 2011, des milliers de Takfiris ont piétiné les villages frontaliers turcs, s'y sont installés, souvent, avec la famille, et armés et entraînés, sur le sol turc, ils ont franchi les frontières syriennes. Le Sud de la Turquie est un réel Turkistan!! Erdogan a même amorcé le soi-disant processus de paix avec le PKK, dans l'espoir de pouvoir déteindre sur les kurdes syriens et les faire se remonter contre Assad. Pour de nombreux analystes, le choix de Seyyda et de Hitto, à la tête de la Coalition des opposants syriens, fait partie du projet turco-qatari d'impliquer les kurdes, dans le conflit anti-Assad. cela fait deux ans qu'Ankara insiste, pour obtenir le feu vert de l'OTAN et de la Ligue arabe à une intervention militaire, en Syrie, ou à l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne, au-dessus de la Syrie, ou encore à la livraison d'armes de haute gamme aux terroristes takfiris, pour qu'ils étendent leur emprise, sur les régions frontalières d'Idelb d'Azaz et d'Alep.
Al l'heure qu'il est, l'argument chimique est le dernier atout entre les mains d'un Erdogan aux abois. Le Premier ministre et son MAE n'ont qu'une seule crainte : être contraints à abandonner la partie, la tête basse! Accuser Assad d'avoir utilisé l'arme chimique contre ses opposants leur semble, ainsi, un dernier recours, dans un jeu, dont les tendances s'inversent, avec une croyable vitesse, dans un sens défavorable au projet ottomaniste d'Erdogan. Le rêve de faire renaître un Empire des Frères musulmans, en étroite collaboration avec le Qatar, l'Egypte et la Tunisie, va faire long feu, si la conférence internationale sur la Syrie, en présence des représentants d'Assad, venait à avoir lieu. Le risque est de voir Assad se maintenir au pouvoir. Dans ce cas, non seulement, l'Occident, mais aussi, ses satellites, et, surtout, la Turquie, devront revoir leur position, d'autant plus que la Russie et la Chine, d'une part, le Hezbollah et l'Iran, de l'autre, ont fait preuve de fermeté et démontré vouloir rester, jusqu'au bout, aux côtés d'Assad. Et puis, Assad a prouvé être beaucoup plus intelligent que certains de ses adversaire, et qu'il comprend, avec une finesse digne d'un médecin, les symptôme du mal, qui a rattrapé le Moyen-Orient. La question qui se pose est, dès lors, la suivante : comment Erdogan compte-il convaincre l'opinion turque, après la terrible erreur qu'elle vient de commettre, dans le dossier syrien? Il serait éminemment difficile de faire effacer de la mémoire collective tous les mots toutes les phrases qu'il a employés contre Assad, et qui se sont avérés faux! Des morts et des phrases passionels plutôt que rationnels et émanant d'un coup de colère, comme  a l'habitude d'en faire, si souvent, l'expérience Erdogan. Bref , le ciel des ambitions du sultan semble bien obscurci et aucun éclairci n'est visible à l'horizon......Les attentats à la voiture piégée de Reyhanli sonnent, bel et bien, la fin de partie......

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