Le président Ben Ali qui se trouve désormais avec une partie de sa famille à Djeddah, en Arabie Saoudite, laisse derrière lui un pays en plein chaos, après un mois, ou presque, de manifestations et d'émeutes. Ce samedi 15 janvier 2011, les premières heures de l'après Ben Ali ont été marquées par un calme encore précaire, alors que les nouveaux dirigeants tunisiens tentent de rétablir l'ordre.
Avec nos envoyées spéciales
Avec plusieurs tanks et camions, l’armée contrôle les abords du ministère de l’Intérieur. Autour de l’avenue Bourguiba, et de l’ambassade de France notamment, ce sont des hommes en civils, habillés de nouveaux gilets blancs avec l’inscription « police », et équipés de batons, qui sont déployés. Comme s’il y avait une volonté de bien identifier chaque force en présence.
Tunis tourne lentement la page Ben Ali
L’armée serait d’ailleurs lancée dans une chasse aux miliciens qui ont terrorisé plusieurs quartiers hier dans la capitale. Les réseaux sociaux, ici, ont recensé énormément de cas de saccages dans Tunis mais aussi sa banlieue, toujours orchestrés par des partisans de Ben Ali ou des policiers, selon les témoins.
Et puis avec la nuit et le couvre-feu, revient aussi la crainte des pillages et des attaques de bandes armées. Plusieurs quartiers se sont organisés aujourd’hui pour réunir des armes de fortune, et parer à toute attaque de ceux qu’on appelle ici « les forces occultes ».
Dans les hôtels, les portraits du président, hier omniprésents, ont disparu. L’immense portrait situé devant la cathédrale a été décroché également, à l’heure de la prière. Dans la banlieue de Gammarth, les demeures des gendres de Zine el-Abidine Ben Ali ont été saccagées, et livrées aux habitants, qui ont même profité de leur piscine.
Ce samedi soir, des hélicoptères de l’armée tournent dans le ciel et toutes les dix ou quinze minutes, on entend des tirs de kalachnikovs.
Les nouveaux dirigeants tunisiens contraints d'agir rapidement |
Il est encore trop tôt pour savoir si Foued Mebazaa, qui se retrouve propulsé président à 78 ans, est en mesure de piloter une transition politique. Dès aujourd’hui, il a tenté de lancer des signes d’apaisement, notamment avec cette promesse qu’il a faite, de créer un gouvernement d’union nationale, promesse faite pendant sa prestation de serment ce samedi après-midi. |
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