BEYROUTH (AFP)
| © AFP Une copie du texte du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) placardée à côté d'un portrait de Rafic Hariri à Beyrouth, le 12 janvier 2011 |
L'acte d'accusation du tribunal de l'ONU enquêtant sur l'assassinat de Rafic Hariri et à l'origine de la crise au Liban, est prévu lundi au lendemain d'un discours du chef du puissant Hezbollah qui s'attend à sa mise en cause.
La remise de cet acte au juge du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) coïnciderait avec le début des consultations en vue de la nomination du futur chef du gouvernement, après la chute du cabinet de Saad Hariri provoquée par la démission des ministres du camp du mouvement chiite armé Hezbollah.
"L'acte d'accusation sera remis lundi d'après les informations dont je dispose", a indiqué samedi à l'AFP le ministre libanais du Travail en exercice Boutros Harb.
Le quotidien français Le Monde l'a annoncé aussi pour lundi, en affirmant que les "accusations viseraient des membres du Hezbollah". Le TSL n'a pas confirmé l'information du journal.
Les mises en accusation, confidentielles, seront remises au juge de la mise en état, le Belge Daniel Fransen, qui est chargé de les examiner en vue de leur confirmation. Une fois les chefs d'accusation confirmés par le juge, des mandats d'arrêt ou des citations à comparaître peuvent être délivrés.
La crise politique qui fait craindre une résurgence des violences et inquiète la communauté internationale, a pour origine l'enquête du TSL, accusé par le Hezbollah d'être à la solde d'Israël et des Etats-Unis.
Le mouvement chiite, bête noire des Etats-Unis, affirme depuis des mois qu'il serait mis en cause par le tribunal, et a fait pression sur le fils Saad Hariri, fils de l'ex-Premier ministre assassiné, pour qu'il désavoue le TSL. Mais Saad Hariri refuse.
Rentré au pays vendredi après une semaine de consultations internationales, notamment à Washington, Paris et Ankara, le Premier ministre en exercice a accusé le Hezbollah de refuser toute concession et de vouloir obtenir de lui "des sacrifices personnels et nationaux".
Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s'exprimera dimanche à 18H30 GMT après que son mouvement eut laissé entendre qu'il ne souhaitait pas voir M. Hariri revenir à la tête du futur gouvernement.
Selon un allié du Hezbollah, le chrétien Michel Aoun, il "y a plusieurs candidats" et le nom de Saad Hariri n'y figure pas. "Tout député qui soutiendra Saad Hariri, serait partisan de la corruption et de l'hégémonie étrangère sur le Liban".
| © AFP/Archives Discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le 6 décembre 2010 dans une banlieue de Beyrouth |
Il a ajouté qu'une réunion du camp du Hezbollah est prévue dimanche sur cette question, à la veille des consultations du président Michel Sleimane avec les groupes parlementaires.
Le quotidien Al-Akhbar, proche du Hezbollah, a évoqué le nom d'Omar Karamé, ex-Premier ministre proche de l'opposition qui avait présenté sa démission dans la foulée de l'assassinat de Rafic Hariri en 2005. Mais une source proche de M. Karamé a affirmé que "personne ne lui a rien demandé".
Citant des sources proches de l'opposition, Al-Akhbar souligne qu'un Premier ministre autre que M. Hariri pourrait cesser toute coopération avec le TSL.
De son côté, la majorité parlementaire menée par Saad Hariri refuse tout autre candidat pour ce poste, réservé par tradition à un musulman sunnite. M. Hariri, le leader sunnite le plus puissant et le plus populaire du pays, a reçu samedi le soutien du mufti de la République, chef religieux de la communauté.
D'après les observateurs, c'est le groupe parlementaire du leader druze Walid Joumblatt qui pourrait faire pencher la balance en faveur ou non de Saad Hariri, dont il était l'un des plus proches alliés avant de s'en démarquer.
M. Joumblatt a rencontré à Damas le président Bachar el-Assad. La Syrie, ancienne puissance de tutelle au Liban, est un allié du Hezbollah aux côtés de l'Iran dont le président Mahmoud Ahmadinejad a appelé à une "résolution rapide" de la crise.
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