18 mars, 2011

Tunisie : Hillary Clinton veut concrétiser la révolution

En visite dans le monde arabe, la Secrétaire d'Etat américaine a défendu la démocratie depuis Tunis où elle a reçu un accueil mitigé.

"Nous n'avons pas besoin de vous", ont assuré des manifestants en marge de la visite d'Hillary Clinton à Tunis
"Nous n'avons pas besoin de vous", ont assuré des manifestants en marge de la visite d'Hillary Clinton à Tunis SIPA

Pour son premier passage sur le sol tunisien depuis la chute de Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier dernier, Hillary Clinton a appelé ce jeudi à la concrétisation des « espoirs » suscités par la « révolution de jasmin ». « Nous devons maintenant les transformer en résultats, a-t-elle assuré à Tunis, et cela passera par une réforme économique et une reforme politique ». Et pour cela, la Secrétaire d'Etat américaine a insisté devant des représentants du Croissant-Rouge tunisien sur la nécessité d'un « plan de développement », notamment en faveur de l'emploi.

Au lendemain d'une visite houleuse au Caire où elle a défendu la démocratisation du monde arabe, Hillary Clinton a réaffirmé « l'enjeu énorme » des évènements actuels. A Tunis encore, des manifestants s'étaient réunis pour exprimer leur rejet de la politique américaine. Certains ont tenté de brûler la bannière étoilée, d'autres pointaient la proximité entre Israël et les Etats-Unis.

« Exemple à suivre »

Face aux critiques sur l'attitude des Etats-Unis depuis le début des soulèvements, la secrétaire d'Etat a annoncé la tenue d'une « conférence de pays donateurs dans quelques mois » pour accompagner le pays dans sa reconstruction. La Maison Blanche a déjà participé à la gestion de la crise humanitaire qui frappe la Tunisie après un afflux d'immigrés venus de Libye. Les Etats-Unis enverront également une délégation pour savoir « ce que la Tunisie veut ».

Dans l'après-midi, Hillary Clinton a ensuite été reçue par le président tunisien par intérim, Foued Mebazaa. Dans le palais présidentiel de Carthage, la secrétaire d'Etat a qualifié la révolution tunisienne d' « événement historique », d' « exemple à suivre », notamment pour les autres pays en proie à des mouvements d'insurrection dans la région. Hillary Clinton a ainsi affirmé la volonté américaine de « convaincre le Conseil de sécurité de l'ONU d'autoriser plus d'actions » contre le régime de Mouammar Kadhafi, « y compris l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne ».

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