10 mars, 2011

Le fils de Kadhafi aux rebelles de l'est de la Libye: "Nous arrivons!"

TRIPOLI - Le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam, a lancé jeudi "nous arrivons!" à l'adresse des rebelles qui contrôlent l'est du pays, déclarant que la victoire était "en vue", au cours d'un meeting avec des jeunes partisans du régime.

"J'adresse un message à nos frères et nos proches à l'Est qui nous envoient chaque jour des appels à l'aide et nous disent +sauvez-nous+: nous arrivons!", a-t-il déclaré devant des centaines de jeunes en délire.

S'adressant aux insurgés, il a indiqué que l'Otan, les Etats-Unis, la France ou la Grande-Bretagne n'allaient "leur servir à rien".

"La victoire est en vue. La victoire est proche". Je les vois en train de fuir sur des frégates françaises, britanniques ou américaines", a-t-il dit.

"Nous allons vous mettre dehors. Je jure devant Dieu que nous allons gagner", a-t-il encore martelé, entrecoupé par des ovations des jeunes.

Ces derniers brandissaient des photos du colonel Kadhafi et scandaient: "le peuple veut Mouammar le colonel" ou "Seif Al-Islam, éradiquez les rats", reprenant des propos de Mouammar Kadhafi.

Seif Al-Islam a accusé par ailleurs des "terroristes" de commettre des "barbaries" et de "prendre en otage" les populations.

A Misrata, une ville contrôlée par les insurgés à 150 km à l'est de Tripoli, "une centaine de terroristes prennent en otage une population de plus de 500.000 personnes. Même chose à Benghazi (est) et Zawiyah (ouest)", a-t-il indiqué.

Il a dénoncé par ailleurs un "retour du colonialisme" en Libye, fustigeant les interventions étrangères dans l'est du pays sous le contrôle de l'insurrection.

"Les dirigeants occidentaux et à leur tête (le président français Nicolas) Sarkozy venaient en Libye pour mendier auprès de Mouammar Kadhafi", a-t-il dit, quelques heures après la reconnaissance par Paris du Conseil national de l'opposition comme représentant du peuple libyen.

La France est devenue jeudi le premier pays à reconnaître l'opposition armée au régime du colonel Kadhafi comme "représentant légitime" du peuple libyen, annonçant l'envoi prochain d'un ambassadeur à Benghazi.

Seif Al-Islam s'en est pris par ailleurs à "des pays arabes qui ont déclaré la guerre à la Libye".

"Les Libyens ont dit qu'ils ne voulaient plus de main-d'oeuvre arabe. Ils veulent une main-d'oeuvre de l'Inde ou du Bangladesh comme dans les pays du Golfe", a ajouté le fils de Kadhafi dont le pays accueillait des centaines de milliers de travailleurs arabes, en particulier égyptiens, tunisiens et algériens.

"Même la Ligue arabe, nous n'avons plus besoin d'elle", a-t-il souligné.

(©AFP

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